Qu'est-ce que la qualité de l'air intérieur ?
La qualité de l'air intérieur désigne l'ensemble des caractéristiques de l'air présent à l'intérieur d’un bâtiment. Elle dépend à la fois de la qualité de l'air extérieur, des matériaux qui composent le bâtiment, des activités qui s'y déroulent et de l'efficacité du système de ventilation. Contrairement à la pollution atmosphérique extérieure, la pollution de l'air intérieur est un sujet rarement évoqué et largement méconnu alors qu’elle est présente un risque environnemental pour la santé en France.
Pourquoi l'air intérieur est-il plus pollué que l'air extérieur ?
La réponse est paradoxale : nous cherchons à protéger nos logements de l'extérieur en améliorant l’isolation et en réalisant des travaux pour réduire les infiltrations d’air, mais ce faisant, nous concentrons les polluants intérieurs dans des espaces de plus en plus hermétiques. L'air se renouvelant moins, la concentration des polluants augmente et s’accumule : la cuisine, le bricolage, le nettoyage ou d’autres habitudes du quotidien sont des sources d’émissions de substances dans l’air. Résultat : l'air que nous respirons chez nous peut être bien plus chargé en polluants que l'air extérieur.
Les polluants de l'air intérieur : de quoi parle-t-on exactement ?
On distingue généralement 3 grandes familles de polluants de l'air intérieur :
Les polluants chimiques : il s’agit des polluants les plus nombreux et fréquents. On y retrouve des composés organiques volatils (COV), semi-volatils (COSV) ainsi que les gaz et le monoxyde de carbone (CO). Ils sont généralement émis par les matériaux de rénovation (colles, peintures, bois traités…), par les meubles en bois, ainsi que par les comportements du quotidien : cuisson, produits d’entretien, tabac, désodorisants et parfums d’intérieur qui peuvent émettre des particules fines.
Les polluants biologiques : c’est la grande famille où l’on retrouve les agents infectieux (virus, bactéries) ainsi que les allergènes qui sont émis par les moisissures, les animaux, les acariens, les plantes ou les huiles essentielles, par exemple. Ils se développent lorsque l’habitat n’est pas suffisamment ventilé et est trop humide.
Les polluants physiques : ils comprennent les fibres et particules. Les particules sont généralement présentes dans l’air sous forme de pollens, poussières, ou spores de moisissure. Certaines activités sont particulièrement émettrices de particules : bricolage, ménage, ou cuisine. Les fibres, qu’elles soient d’origine végétale ou minérale, sont présentes dans les matériaux d’isolation : amiante, laine de verre ou de roche, chanvre, cellulose… On peut également citer le radon, gaz naturel radioactif, naturellement présent dans le sol des régions granitiques comme la Bretagne ou volcaniques. Il s'infiltre dans les logements et présente un risque pour la santé si son taux de concentration est élevé.
Les chiffres clés : ce que disent les autorités sur la pollution intérieure
Les chiffres publiés par les différents organismes de l’État français dressent un constat préoccupant pour les ménages :
Selon l'ADEME, l'air intérieur est en moyenne 5 à 8 fois plus pollué que l'air extérieur. Ainsi, il peut contenir jusqu'à 900 substances chimiques différentes en fonction du type d’habitat et des activités au sein du logement.
Le Baromètre Santé Environnement indique que nous passons en moyenne 85% de notre temps dans des espaces clos (transports, lieu de travail, logement) ce qui fait de la qualité de l'air intérieur un enjeu de santé publique majeur, bien plus impactant sur notre exposition aux polluants qu’il n’y paraît.
Enfin, selon le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (RNSA), près de 30% de la population française serait touché par les allergies respiratoires, dont une part significative est liée à la mauvaise qualité de l'air intérieur. On observe également que ce chiffre est en constante progression sur les 20 dernières années.
Ces éléments démontrent une réalité : la qualité de l’air intérieur auquel nous sommes chaque jour exposés est un enjeu de santé pour tous, qui a trop longtemps été sous-estimé.